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Interview de Gérard UFERAS - Le photographe de Paris d'Amour
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Suite à l'intérêt suscité par notre article sur l’exposition Paris d’Amour, Gérard UFERAS nous a reçu dans son appartement parisien. Cette rencontre est l’occasion d’un bilan de ces deux années consacrées à la photographie de mariage.

imagera: Pourquoi avez-vous réalisé ce travail?
G.UFERAS : Tout d’abord, je ne suis pas photographe de mariage! J’avais envie de traiter de la laïcité, d’amour, du fait que les gens se ressemblent tous quelque soit leur origine, qu’ils ont un rêve commun : fonder une famille. Il est amusant que mon travail ait commencé lors du débat sur l’identité nationale.
Mon objectif était de prendre un sujet et de le faire à fond. Je voulais photographier, comme dans mes travaux précédents, de gens animés par une passion.
imagera : Avez-vous trouvé ce que vous y cherchiez?
G.UFERAS : Non! Heureusement qu’il y a de l’inconnu. Je ne recherche rien en particulier. La photographie est la trace d’une émotion. L’émotion arrive quand il y a quelque chose d’inédit. Une grande photo est l’expression d’une aventure artistique.
imagera : Comment avez-vous choisi vos mariés?
G.UFERAS : J’ai passé un message sur internet en expliquant la portée humaniste de ma démarche. Les reportages étaient gratuits et je donnais en échange toutes les photos. Je n’ai pas choisi les mariages. Je voulais montrer la diversité des communautés vivants en France. Les mariages sont l’occasion de mélanger les communautés, que ce soit par les invités ou les mariés qui sont issus de milieux différents.
J’aurai aimer photographier des unions dans le milieu carcéral, et l'union de lesbiennes mais je n’en ai pas eu l’occasion. Mon travail ne se veut en aucun cas être exhaustif car la diversité est par définition déclinable à l’infini.
D’ailleurs j’ai tenu dans l’exposition à ce que les communautés soient mélangés pour que le point commun soit l’émotion plutôt que la communauté et que les gens s’ouvrent à ces communautés.
“Le mariage est une parenthèse où tout le monde se met à penser qu’un monde meilleur est possible.”
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imagera : Une anecdote sur les mariages que vous avez photographié?
G.UFERAS : Une histoire touchante : Le mariage de Juan et Anna. Anna a rencontré Juan en amérique du sud. Les deux sont issus de milieux modestes, ce sera donc un mariage simple mais émouvant. Chaque invité paye sa bière et sa Pizza dans un bistro de Clignancourt, des amis musiciens se mettent à jouer. C’est un des plus beaux mariage que j’ai vu, riche, simple et touchant. |
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imagera : La photographie de mariage n’est pas très bien vue, cela va t’il rester?
G.UFERAS : Cela va changer. De plus en plus de photographes de presse se tournent vers la photographie de mariage. De plus, les futurs mariés veulent de plus en plus des photo-reportages.
imagera : Quel conseil donneriez-vous à des jeunes photographes?
G.UFERAS : Qu’ils prennent du plaisir dans leur activité. Les meilleurs travaillent par passion.
imagera : Avez-vous travaillé en argentique ou en numérique pour Paris d’amour?
G.UFERAS : J’ai commencé ce travail en argentique. Un appareil est apparu, le EOS 5D Mark II, pendant ce travail, je pense que c’est le premier numérique qui surpasse vraiment l’argentique, je suis donc passé au numérique.
Mais ce n’est pas l’appareil qui compte pour être photographe mais la capacité à traduire une émotion.
imagera : Qu’est ce qu’à apporté le numérique dans votre travail et quel regard y portez vous?
G.UFERAS :Cela n’a rien changé pour moi. Internet c’est formidable pour avoir accès à tous les contenus. Mais on consomme l’information trop vite pour bien l’apprécier. Pour moi l’impact physique des objets reste indispensable.

L'équipe d'imagera.fr remercie chaleureusement M. UFERAS pour son accueil.
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